ZOE ZURSTRASSEN BIOGRAPHIE

« Petite autobiographie, surtout basée sur ma carrière d’enseignante.

 Je suis issue d’un milieu bourgeois des Ardennes Belges très éloigné des médias qui considérait les gens qui travaillaient de près ou de loin dans l’audiovisuel comme des saltimbanques. Mes projets étaient donc de devenir journaliste, mais les aléas des concours d’entrée en ont décidé autrement. C’est à l’IAD que j’ai découvert après la 1ère année de tronc commun le métier de Script-girl, qui allait orienter toute ma vie !

Je suis sortie de l’IAD en juin 1966 et rentrée à la RTBF en septembre de la même année ! Grâce à ma formation, ( je crois pouvoir dire que j’étais la première scripte diplômée en Belgique). J’ai eu la chance d’y travailler essentiellement sur les grosses émissions dites « de prestige » tournées en 35mm, surtout des grosses variétés, ( où j’ai vu défilé toutes les stars de la chanson française et les grands groupes Pop ) ou les ballets ( Béjart) , et de grosses émissions de musique classique, ou des captations en live. Souvent en coproduction avec l’ORTF. Je m’y suis fait une solide réputation, aussi bien au travail en direct qu’en tournage de film échelonnés sur plusieurs jours voire plusieurs semaines. Cette réputation m’a permis de quitter les obligations quotidiennes du plein-temps et de commencer une carrière d’intermittente du spectacle.

J’ai donc donné ma démission en 1971, pour me consacrer à des co-productions indépendantes avec la France et l’Allemagne, et en 1972 au premier « feuilleton » réalisé par F.X.Morel, et produit par Aligator film ( mes camarades de l’IAD, ) :« Chez Pauline ».

Ont suivi plusieurs années aventureuses, d’intérêt inégal, quelques Longs -métrages, des documentaires, d’autres séries, des variétés, des Courts-métrages, souvent déjà sur Paris, avec Adrian Maben et beaucoup de « petits boulots » annexes( : j’ai même ouvert une boutique de vêtements de 2ème main avec une amie !) et après quelques interventions ponctuelles j’ai été chargée de cours « scriptes, à l’IAD, en 1978. J’ai alors élaboré un canevas de cours, qui devait devenir plus tard mon manuel sur le métier : « La scripte d’aujourd’hui» *

J’ai rencontré Noël Very, cameraman français, Parisien, spécialiste du steadicam, sur un « docu-fiction » (avant la mode ! ) réalisé par Marc Mopty, (un autre ancien de l’IAD) : » Ata Turk, » à Ankara, fin 81. Le fait,est que j’ai d’autant plus (curieux n’est-ce pas ? ) privilégié les co-productions !

Depuis 1983, je travaillais donc régulièrement à Paris et m’y installais définitivement avec Noël en 1986. J’y ai « fait mon trou », j’ai eu la chance de rencontrer puis de travailler régulièrement, en Long-métrage de fiction, avec Bertrand Tavernier, et Claire Denis, en téléfilm avec Gérard Vergez, et Denys Granier–Deferre, des réalisateurs intéressants.

Pendant plus de 10 années privilégiées, je peux dire que je n’ai pas arrêté. J’avais plus de 15 propositions de tournages de films par an, et aucun soucis de subsistance ! Même si parfois les choix on été difficiles et je n’ai pas toujours su trouver «  le bon cheval »…

J’avais été chargée, toutefois assez sporadiquement, de cours de formation Scripte à l’INSAS. En 1990, Monsieur Ravar Directeur de l’ INSAS à l’époque, m’a recommandée à Maurice Failevic, alors responsable du département Réalisation à la Fémis. Il n’y avait pas de section « scripte »,(il n’y en avait aucune formation reconnue en France d’ailleurs) mais paradoxalement, c’étaient des scriptes, qui étaient chargées d’enseigner la « syntaxe cinématographique » aux futurs réalisateurs de 1ère année !

J’avais dû renoncer à mes cours à l’IAD et l’INSAS : les déplacements trop lourds ( pas encore de Thalys ! ) et un emploi du temps très chargé. Je me suis donc appliquée à convaincre Sylvette Baudrot, immense scripte française, à fonder une filière scripte à la Femis, qui a vu le jour en septembre 1992 !

Les années se suivaient sans se ressembler : parfois j’avais du temps pour la Fémis, parfois 3 ou 4 Longs métrages ne m’en laissaient pas…mais bon an mal an, j’ai quand même suivi 7 promotions de scriptes (le recrutement est biennal). C’est en janvier 2004 seulement, que la filière a été officiellement reconnue et couronnée d’un diplôme, avec Sylvette Baudrot et moi-même à sa direction. La Direction de Département est devenue un vrai boulot, avec Comités des Etudes mensuels et autres obligations. Nous nous les partagions le mieux possible. J’ai été élue par mes collègues comme représentante des Directeurs de Département au Conseil d’Administration de la Fémis pendant 3 ans, entre 2008 et 2012.

En 2009 la Direction a voulu se séparer de Sylvette Baudrot qui approchait des 80 ans et refusait totalement tout progrès numérique et virtuel. onatienne De Gorostarzu a été nommée à sa place et nous avons continué le tandem jusqu’à août 2014, où j’ai donné ma démission, un peu par fatigue ( je couvais quelques ennuis de santé ) et aussi parce que je me sentais débordée et inapte à enseigner des nouvelles méthodes comme la tablette tactile. Cela ne m’a cependant pas empêchée de travailler encore sur quelques tournages, de continuer à l’école d’enseigner les  fondamentaux », d’encadrer les tournages des étudiants pour les fictions de 1ère et 3ème année, et de participer au jurys d’entrée ou de diplômes.

* édité en 1988 aux éditions Dujarric à Paris – j’en projette une nouvelle édition pour l’automne… »

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